« Le mystère de la monnaie » est un essai de démystification de la monnaie en retournant à l’origine de sa création par l’homme. Il explique que nous sommes les seuls à pouvoir la changer pour l’adapter à nos valeurs et l’utiliser comme support à la création d’un style de vie basé sur l’amour.
Bernard LIETAR définit la monnaie comme résultant d’un consensus conscient de la communauté d’utiliser un moyen d’échange. La monnaie peut être des coquillages, des pierres, (comme dans le Ladakh) des pièces de métal, des pièces de monnaie ou du papier cacheté. La monnaie semble être devenu un tabou ( comme le sexe et la mort) et doit être démystifiée pour que nous puissions agir et récupérer notre droit inhérent à la changer, pour qu’elle devienne un support pour le type de société dont nous voulons.
Il cherche l’origine du tabou émotionnel de la monnaie dans l’inconscient collectif et dans la suppression de l’archétype de la « Grande Mère », en le suivant à travers l’histoire. La suppression du féminin est liée au système économique actuel.
Il existe deux sortes de monnaies :
Les monnaies Yang, dont l’émission est basée sur la compétition ; elles mènent à la centralisation, l’accumulation par un petit nombre qui investissent dans les biens à court terme. Ces monnaies sont rares et créent la compétition. Toutes les monnaies nationales conventionnelles sont Yang parce qu’elles présentent ces caractéristiques.
Les monnaies Yin sont égalitaires et découragent l’accumulation tout en encourageant la coopération entre les utilisateurs. Elles mènent à la décentralisation (elles sont un support local), elles sont toujours disponibles en quantité et créent des investissements en biens à long terme. Les économies Yin ont toujours existé typiquement sous la forme d’économies de don ; Les échanges de cadeaux sont les moyens de construction d’une communauté.
Bernard affirme qu’un équilibre entre des économies Yin et Yang est indispensable pour qu’une société soutenable puisse exister. C’est pour cette raison qu’il appelle les monnaies Yin des monnaies « complémentaires » à l’économie Yang existante. Il argumente avec conviction que nous avons connu des périodes où l’archétype de la Mère n’était pas réprimé et où les monnaies Yin étaient prévalantes, ce qui créait généralement une richesse soutenable.
Il donne comme exemple l’histoire du Moyen Age, quand toutes les églises et cathédrales d’Europe ont été construites. Il considère le culte très répandu à l’époque de la vierge noire comme un exemple de la manière dont le féminin était apprécié comme notre modèle de relation à la Terre.
A notre époque, la croissance des SEL (système d’échange local), sont vus par Bernard comme le retour à la conscience de l’archétype féminin. Un autre signe est la croissance des « créatifs culturels » montré dans une étude de Paul Ray. Bien que cela soit un phénomène global, il n’existe que des données américaines sur cette très nouvelle forme d’entraînement. Les créatifs culturels sont dispersés géographiquement à travers tous les Etats unis. Ils font partie de la classe moyenne et supérieure. Ils ont un âge moyen de quarante deux ans et comptent plus d’universitaires que d’autres sous-cultures. Il y a 50% de plus de femmes que d’hommes dans ce groupe. Sur un plan individuel leur souci est l’actualisation personnelle. L’étude estime que ce groupe compte 26% de la population mais qu’ils ne sont à peu près pas encore reconnus car ils n’ont pas de journal, de parti politique ou d’organisation pour les rendre visible et canaliser leurs idées.
Au niveau collectif, l’un de leur souci principal est la détérioration de la communauté et de l’environnement (92% désirent reconstruire la communauté, 87% croient dans la soutenabilité de l’écologie. Ils sont plus altruistes que les autres groupes, et sont prêts à faire des sacrifices personnels. Ils ne croient pas que le succès soit le plus important, (70%) mais donnent priorité au temps de création. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils sont apparus en moins d’une génération. Bernard observe : « les créatifs culturels sont des moteurs pour rendre opérationnels les monnaies complémentaires de type Yin. »




