Suite à la venue de Pierre Rabhi au mois de mars dernier, certains au sein de Polen ont eu le désir de prolonger les réflexions qu’il nous a apportées en organisant une « Rencontre Colibris ».
Le mouvement Colibris a pour ambition d’être « un accélérateur de transition vers de nouveaux modèles de société. » Lire la suite de l’article « Faire sa part avec les Colibris » L’Age de faire juin 2010.
Colibris a élaboré une méthode progressive de mise en réseau des personnes qui veulent créer le changement sur leur territoire. Elle se déroule en trois étapes : la sensibilisation, la reliance, et l’action. Lire la suite de l’article « La méthode Colibris » L’Age de faire juin 2010.
L’objectif de Polen était de rassembler des personnes engagées dans une démarche d’un vivre autrement local, et représentatives d’un large panel d’acteurs agissant dans le quotidien de l’humain : Santé, Éducation, Alimentation, Communication, Bien-être, Eco-habitat, Environnement …
Nous souhaitions aussi créer du lien, mettre en réseau, partager autour de valeurs communes, et interroger notre capacité à mettre en œuvre des actions adaptées à l’endroit où nous vivons.
La rencontre s’est déroulée ce 8 mai 2010 à Saint Abraham, au sud de Ploërmel. 70 personnes étaient présentes, de tous les coins du pays et de tout âge. Elle était animée par Alain Aubry, animateur de réseau, responsable de la cellule « coopération et facteur humain » au sein du mouvement « Colibris-terre et humanisme » créé par Pierre Rabhi.
Le point de départ a été la projection du documentaire dans lequel Pierre Rabhi définit ce qu’il nomme « La Sobriété Heureuse ».
Suite à cela, chacun a partagé en un mot son ressenti.
En voici quelques exemples : joie - chaleur - espérance - confiance, construction – ensemble – adhésion – responsabilité – changement – concret- transcendance – sagesse – paix – conscience - équilibre.
Dans l’ensemble on est prêt à agir mais certains se sentent « écartelés », « démunis », ou imprégnés de cette notion « d’obligation » et « d’urgence ».
Après cela nous avons tous été invités à préciser nos réalisations concrètes individuelles ou collectives dans le pays de Ploërmel. Cela nous a permis de créer une sorte de carte mentale des initiatives, qui s’avèrent très riches.
Les plus nombreuses sont en lien avec le Développement personnel et le Bien-être : diverses thérapies émotionnelles, cercles ou groupes de parole, psychophonie …
Les autres : Éducation et Culture : apprendre autrement, festival, théâtre, divers ateliers : chant, couture … Échange et Coopération : Bar-épicerie, GASE (Groupement d'Achat Service Épicerie), circuits courts, SEL, radios associatives, cercle NEF … Eco-habitat : panneaux solaires, toilettes sèches, maisons autonomes … Dialogue Nord-Sud : associations de solidarité*
Ensuite, il nous a été proposé de « Rêver notre territoire en 2027 » par petits groupes.
Grâce aux rapporteurs de ces groupes, nous avons créé une autre carte mentale : celle de toutes nos utopies !
Cette carte s’est articulée autour de mots-clés comme : convivialité, spiritualité, bien commun, simplicité volontaire, conscience et responsabilité.
On a pu remarquer aussi le désir important de collectif à tous les détours de chemins.
Un monde imaginé, avec des maisons en bois, des roulottes, des fermes collectives, avec des lieux de rencontre où on pourrait danser et chanter. Où l’on échangerait les livres, les cultures et les savoir-faire. Il y aurait une autre école, une université libre, des lieux de créativité…
L’énergie serait gratuite, propre, peut-être même électromagnétique. L’économie serait essentiellement locale et autonome avec du troc, des petits commerces, et sans argent. Les humains et les graines circuleraient ou voyageraient librement. On jardinerait en accord avec la nature. On bannirait le stress et la TV pour consacrer un peu de temps au travail et à la sieste.
Après cet exercice, Alain Aubry a fait la comparaison entre les initiatives actuelles et les rêves de demain et a poussé chacun à s’interroger : « Que manque-t-il pour passer d’un monde à l’autre » ? S’en est suivi une liste de verbes qui expriment ce qu’il faudrait pour faire changer les choses :
Créer, agir, semer, incarner, risquer, oser, rassembler, coopérer, mais aussi s’aimer, se révolter, lâcher prise, s’engager, et bien sûr, jouir de la vie.
Ainsi se termine la première partie qui a été jugée très intéressante et très enrichissante par l’ensemble des personnes présentes.
La deuxième partie est arrivée un peu tard, les esprits commençaient à fatiguer …
A la reprise, Alain nous a demandé d’évoquer les problèmes rencontrés dans les expériences collectives. De l’importance de se poser la question du « pourquoi nous allons échouer » ?
Nous avons eu aussi toute une réflexion autour du facteur humain dans le milieu associatif : pouvoir, gouvernance, répartition des tâches, communication, engagements, intolérance, peurs, instrumentalisation, disponibilité…
Aussi sur l’importance d’établir des règles de fonctionnement où l’on parle plus du « pourquoi et comment on va fonctionner ensemble » que du but à atteindre.
Alain Aubry nous a proposé d’aborder une piste de travail autour de la Communication Non Violente (CNV), de la sociocratie, et du mouvement des villes en transition comme moyens pour avancer autrement sur un territoire et au sein d’un collectif.
En fin de journée, il nous a incités à créer un groupe de pilotage pour expérimenter de nouvelles manières d’être et de faire ensemble afin de progresser en efficacité pour transformer notre territoire.
Pour lui, le besoin de développer la coopération sur les territoires est un facteur indispensable si nous voulons franchir un cran dans leur transformation. Il s’agit donc de s’organiser pour tester la puissance du collectif en réalisant des actions ponctuelles en synergie tout en respectant l’autonomie et l’identité de chacun.
La dynamique autour des villes en transition peut être inspirant sur ce sujet.
Donnons un prolongement à cet après-midi riche en rencontres et en partage d’idées.
Transformer notre territoire, mais comment ? Dans quel but ?
L’association Polen peut-elle être à l’origine d’une telle initiative ?
Un groupe de pilotage intégré dans Polen ?
Peut-on susciter à l’automne une rencontre de réflexion des membres de Polen et d’autres personnes intéressées, pour imaginer des projets à réaliser ensemble sur le pays ?
Vous êtes tous invités à réagir à ces questions ou à en proposer d’autres en écrivant à
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et merci d’avance pour votre participation.
Aux dernières nouvelles une réunion pour le groupe de pilotage se prépare en août 2010, pour plus de renseignements, contactez
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Pour ceux qui ont envie de creuser la question sur le mouvement Colibris, des villes en transition, la sociocratie … voici une liste de documents ou sites proposés :
Nous vous invitons à :
- Visiter le site : http://villesentransition.net/
- Consulter les documents sur les villes en transition :
http://www.polen.asso.fr/images/stories/guide-initiatives-transition-25-02.pdf
http://www.polen.asso.fr/images/stories/guide-initiatives-transition-20080923.pdf
- Lire le dossier de la revue silence : « Villes en transition vers le rationnement » parution au mois de mai 2010
- Consulter ces pages pour plus de renseignements sur la sociocratie :
http://www.polen.asso.fr/images/stories/sociocratie3temps3mouvements.pdf
- Lire le dossier de la revue silence sur le « consensus, source d’émancipation » parution au mois de novembre 2009
- Consulter le document sur l'intelligence collective :
http://www.polen.asso.fr/images/stories/intelligence_collective_revolution_invisible_jfnoubel.pdf
- Découvrir le site Mouvement Colibris pour plus de renseignements :
http://www.colibris-lemouvement.org
Bonne lecture à vous.
Marie-Noëlle L. M. , René L.G., Véronique P.
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