Le cinéma de Josselin, conscient d’être un cinéma de milieu rural et soucieux de fédérer, a accepté volontiers de projeter le film de Coline Serreau.
Le pôle Alimentation de l'association Polen, à l’origine de ce projet, a voulu, à l’issu de la projection, non pas un débat d’experts mais un échange avec les spectateurs pour trouver et/ou identifier des solutions locales.
Dans un premier temps, chacun a été invité à faire part de son ressenti, après ce film qui ne peut pas laisser indifférent. Les réactions furent assez tranchées, entre les plus pessimistes et au contraire, ceux qui trouvent le film porteur d’espoir.
Les premiers pensent que le consommateur pèse très peu face au monstre économique que sont les multinationales qui mènent le monde. De plus, peu de gens se sentent concernés et la mobilisation est difficile.
D’autres, au contraire, estiment que la prise de conscience évolue. Si elle ne touche pas encore un large public, elle est bien moins marginale qu’il y a quelques années. Ce sont les plus atteints, les pays du Sud, qui ont réagi les premiers. Alors que chacun, dans son action propre, donne de lui-même et on va y arriver.
Le film propose des solutions. Et chez nous ? Quelles sont les solutions locales ?
Quelle agriculture ?
Plusieurs paysans - ils revendiquent le terme- étaient présents. Certains déjà en bio, d’autres en conversion, d’autres encore pratiquant l’agriculture durable. Tous sont conscients qu’il n’est plus possible de continuer à polluer la terre et l’eau mais qu’il est bien difficile de sortir de la forme de production dans laquelle on les a entraînés.
Ces paysans sont souvent confrontés au problème du foncier : il est difficile de trouver des terres et encore plus de pouvoir les acheter. Une des alternatives peut être le Groupement Foncier Agricole (GFA), c'est-à-dire la propriété collective des terres d’une ferme par des épargnants volontaires. Ce choix d’agriculture reste très difficile et laisse peu de temps libre.
Une bonne raison de croire en l’avenir : quelqu’un a témoigné que l’on enseignait le bio, dans les écoles d’agriculture ; aujourd’hui, on peut y parler de désherbage mécanique. C’est un grand pas !
Il est important que le paysan se réapproprie ce qu’il produit et le consommateur ce qu’il consomme.
Quel Consommateur ?
Le pays de Ploërmel offre plusieurs alternatives aux consommateurs qui veulent être des consom’acteurs. Quelques unes ont été présentées.
- Les AMAP : (Guer – Ploërmel – Malestroit) : Les adhérents favorisent la vie d’un producteur en lui avançant le prix des denrées qu’ils vont lui acheter chaque semaine. Le prix du panier dont la valeur est convenue à l’avance est celui nécessaire pour qu’il vive décemment. Les AMAP nécessitent une part active des consommateurs, qui sont invités à 2 ou 3 reprises dans l’année sur la ferme pour participer à quelques travaux de récolte ou d’entretien des cultures.
- Les GASE : (Gruguel) C’est un groupement d’achat service épicerie pour lutter contre les centrales d’achats qui dictent leur loi. C’est une association à but non lucratif (produit à prix coûtant), tenue par des bénévoles. Evidemment le choix des produits est limité et doit répondre à des critères bio, éthique et local.
- L’AMISEP : C’est un atelier d’insertion par le maraichage également biologique, qui permet à ceux qui y travaillent de se reconstruire. On s’abonne pour recevoir un panier hebdomadaire.
- TERRE et HUMANISME : cette association développe l’agro-écologie et le jardinage, comme pratique éthique visant l’amélioration de l’être humain et de son environnement naturel. Une antenne vient d’ouvrir en Bretagne (oasis de Penn Ann Hoat). Elle organise des stages en agro-écologie.
- KOKOPELLI : c’est une équipe de militants qui, au travers de leurs actions, œuvrent pour la cause de la biodiversité et la préservation des semences. Il est possible à chacun de parrainer une graine pour participer à la sauvegarde de vieilles variétés.
Nous pouvons nous réjouir, le Pays de Ploërmel est riche de multiples initiatives, comme nous l’a souligné une habitante de l’Illinois, admirative, présente ce soir là. Il est important de les faire connaître et surtout d’élargir le panel des adhérents pour qu’il déborde sur des personnes qui ont des habitudes autres.
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