Préface de Pierre Rabhi
« Jamais avec ses préceptes, ses dogmes et ses credos, la pseudo économie n’a autant déshonoré l’économie. Cette merveilleuse discipline a été originellement créée pour réguler les biens et les ressources et créer, par l’échange, du bien-être pour le plus grand nombre. Peut-être a-t-elle été inspiré par l’économie de la vie où, selon la formule de Lavoisier, “ rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme”. Nous sommes loin du compte, car l’économie en vigueur se fonde sur la spoliation de l’homme par l’homme, la dissipation du bien commun, générant une détresse inouïe, sur une planète qui regorge de richesses vitales. Avec la mondialisation compétitive, nous avons affaire à une forme paradoxale d’anthropophagie, recouverte du voile aseptisé de la modernité.
Quant à la croissance économique invoquée comme la solution pour résoudre les problèmes économiques, comment ne pas voir clairement qu’elle est elle-même le problème ? Car comment rendre compatible le dogme de la croissance sans limite pour des profits sans limites, sur une planète de caractère et d’essence limités. L’un des effets désastreux de toutes ces incohérences se traduit aujourd’hui par une crise financière. Mais ce n’est là que le sommet d’un iceberg d’une crise profondément humaine. Elle aura cependant l’immense mérite de mettre en évidence les vraies richesses. L’humanité ne vit pas de dollars comme ne cessent de le répéter les pseudos économistes, mais de terre vivante, d’eau, de biodiversité. La vie est la seule richesse dont nous disposons. Gardons-nous de la détruire. »




